Vendredi 30 Juillet 2010
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Expérience poétique entre littéraire et vernaculaire

En cette ère de hautes technologies et des outils de communication étonnantes, il est dans le pouvoir des massmedias modernes de créer un poète sans talent, le rendre populaire et lui attirer des gens, mais seulement pour une certaine période. Le talent est la base de l'art de la poésie, sans lequel la poésie ne peut l’être. Ce cadeau divin est accordé par dieu exclusivement à ceux qu'il choisi et le distribué parmi ses hommes dans une certaine mesure.

Aucune bonne graine ne peut pousser, se développer et donner si elle n'est pas plantée dans un sol fructueux qui peut l accueillir et un environnement approprié qui l'entoure, et être entre de bonnes mains attentionnées qui promet de l arroser et de s occupe d elle jusqu'à ce qu'elle se développe et fructifie. C est ainsi pour le talent. Il a besoin d'une formation, d une base laborieuse et d’un environnement qui peut aider sa floraison et sa prospération. C’est ce genre d’environnement qui incite et inspire la création et l'innovation.

La nature de ce talent ne peut pas être dévoilé des le début. Elle est comme un secret dissimulé qui exige l'effort de la perception et le dévoilement grâce aux premières données de ce talent qui suit son chemin vers la lumière par le sentiment de celui qui le détient ou par la connaissance des personnes qui l’entoure. Ces derniers devraient le soutenir et l aider a se tenir debout et lui apprendre a faire ses premiers pas au début de son chemin. Il est donc évident que les talents fragiles disparaissent et s’évanouissent dans un environnement d'inattention et de l'assiduité où d’échec continuel ou seuls les talents forts et peu communs résistent.

Actuellement, je peux réaliser quelque chose des étapes par lesquelles je suis passé durant ma vie et qui ont eu un grand impact sur le cours de ma belle association avec cet art magnifique. J'ai vécu ces étapes et naturellement je ne me rendais pas compte à ce moment-là de leurs significations, sur le plan individuel ou pour ma relation avec la poésie. Cependant, toutes les fois que j’y pense et je me rappelle, je trouve des moments et des détails rayonnants qui m’habitent toujours. En effet, rien n'est plus cher pour un poète ou n’importe quel créateur que la réserve de la mémoire. Ce facteur important qui se verse et coule avec la plupart des expériences sensationnelles de sorte qu'il entoure l'innovation à l'instant de sa création, lui fournissant des scènes, et des images vives, des visions, des visages, des endroits et beaucoup de choses que l'innovateur lui-même n y avait pas pensé.

J écris la poésie depuis plus de quarante ans, j ai édité mon premier essai à Beyrouth 1963 et j ai publié ma première collection (Anin A-ssawari) en 1969, et voici ma septième collection ( La Yatachabah A-chajar) qui va paraître dans quelques jours. De sorte que le totale de mes collections éditées soit sept, deux en vernaculaire et un troisième qui sera publie au cours de cette année. Durant les années de ma vie j ai écrit parallèlement la poésie en arabe littéraire et vernaculaire. j ai du faire face à de violentes attaques de la part de mes collègues intellectuels bahreïnies qui ont censuré ma rétraction au vernaculaire après avoir publie a ce moment là une collection en arabe littéraire. Mais je les ai pardonné parce qu'ils n ont pas su que j'écrivais dans les deux styles de langues dés mes début. Les questions que mes collègues ont posées à ce moment-là étaient : comment un poète cultivé peut-il écrire la poésie en vernaculaire ? Alors que dans le monde arabes existe des différents dialectes et où la langue mère est constamment défiée. Et pourquoi ce poète écrit-il sa poésie en vernaculaire tandis qu'il peut écrire en arabe littéraire ? A cet époque le sujet de discussion était sur l'engagement de l’auteur, son rapport avec les gens et son rôle dans la société. Au début, j'ai été tourmenté par ces questions surtout en voyant le succès des chansons folkloriques contenue dans mon recueil Atach A-nakhil en 1970 et le désir ardent du public Bahreïnien et du golfe d’en avoir plus. Mais, lorsque je suis revenue sur moi même j'ai mis l'acceptation des gens de côté et je me suis posé de nouveau ces questions. Ainsi, j'ai constaté que je n avais aucun contrôle sur le choix de la langue au moment où j écrivait le poème mais honnêtement je ne peux que répondre à mes sentiments et aux images qu'il choisissait.

Au début des années soixante-dix avec l appariation du recueil Atach A-nakhil, j’ai affirme que l écriture de la poésie en vernaculaire n était que transitoire et sans avenir car le vernaculaire est évolution quotidienne continuel liée a l’évolution de la société et développement de l éducation. j ai aussi prédit le rétrécissement de l’espace (gouffre) entre l'arabe littéraire et vernaculaire, de manière que le vernaculaire évolue petit a petit pour être plus proche de l arabe littéraire. Cette vision était claire pour moi, et voila qu’ elle se réalise aujourd'hui après trente-cinq ans dans les chefs- d œuvres de nouveaux poètes omanais et dans quelques écritures des poètes du golfe. Le vernaculaire qu'ils utilisent aujourd'hui, n'est pas le même vernaculaire que j'ai employé en écrivant mes poésies au début des années soixante-dix. En effet, ce vernaculaire n est pas celui utilisé dans la rue mais c'était une extension du vernaculaire que la poésie populaire nous a rapporté dans ses textes les plus sophistiqués et les plus agréables. J écris toujours la poésie en vernaculaire, mais mes écritures en nouveau arabe littéraire ont dominé ces dernières années, sur mes écritures en vernaculaire. En effet, ce que j’écris actuellement en vernaculaire n'a rien à avoir avec ce que j'ai écrit il y a trente ans. En fait, je ne traite pas le mot, les images que je dessine, les expressions que je formule et même la manière de dessiner le mot sur le papier, de la même façon. D'ailleurs, dans les pays arabes, les dialectes ne sont plus considérés comme un obstacle, puisque le monde entier est devenu un petit village.

Comment et pourquoi je marie dans mes écritures entre littéraire et vernaculaire ?

Je voudrais admettre sincèrement que ce fait est totalement hors de ma volonté. D’après mon expérience, j ai remarqué que je n avais vraiment pas le contrôle sur le choix de la langue de poésie, mais c'est le poème à sa création qui choisit sa langue. Ce fait est ignoré par tous les intellectuels et même par quelques critiques car ils sont loin de pouvoir comprendre la nature de l'expérience poétique et ce qui est écrit en vernaculaire, peut être par fanatisme ou par résignation à la situation existante vis-à-vis du mouvement poétique populaire depuis sa création. Je ne dis pas cela parce que je veux défendre le vernaculaire ou en prendre partie, en fait, l'arabe littéraire c’est la langue mère et le vernaculaire est juste une petite branche de ce dernier qui ne devrait pas être niée. Je dis ceci après une longue période de ma vie qui est le produit des circonstances de mon évolution éducation et ma formation culturelle initiale.

Ma formation culturelle, qui est l'attirail de mon expérience poétique, est passée par des étapes quotidiennes ; chacune d’elles a gravé dans ma mémoire ce qu’ elle avait voulu et m’ a livré à une autre étape. Nous sommes ici concernés par deux importantes étapes qui se sont produites au début de ma vie quand j'étais enfant de moins de six ans. Ces deux étapes sont tellement liées l’une a l’autre que je je n’arrive plus a distinguer réellement celle qui précède l'autre, comme si je mettais un pied ici et un autre là-bas en même temps. Ces deux étapes sont celles de l'arabe littéraire et du vernaculaire.

J'ai grandi dans une maison, aimant avec ou sans occasion réciter et répéter la poésie populaire telle que des vers de poèmes, des fragments des vers dispersés, Mawal, bouddhistes, Zajal et des textes des chansons populaire. Les habitants de cette maison concourraient en se vantant entre eux ce qu'ils apprennent par cœur. L’appréhension par cœur et la récitation étaient donc naturelles. La nuit, ma petite imagination était remplie d'histoires, de contes tragiques de femmes remplies de passion. J'ai tétait la poésie populaire exactement avec la première goutte du sein de cette mère modeste qui était pour moi jusqu'à sa dernière heure une réserve inépuisable de cette matière. Elle avait insistée quand j'avais six ans, a ce que j'apprenne à l'école primaire les principes de la lecture jusqu'à ce que j'apprenne par cœur le Coran et sa récitation. Là, je suis arrivé à une autre étape et mon premier contact avec l'arabe littéraire avec ses expressions les plus riches, les plus nobles, et les plus raffinées. Les deux Surates de Myriam et A-Rahman sont toujours gravés dans ma mémoire comme je les ai apprises de la source, avec leur art de dire, harmonie de tonalité, splendeur du rythme et inimitabilité des significations. Je ne me rendais pas compte à ce moment-là du but de la mémorisation et de la récitation du Coran sous les instructions de cette stricte instructrice, qui n'acceptait aucune déviation dans la langue, vibration dans la prononciation ou l'inattention dans la ponctuation, de façon que chaque lettre dans n'importe quel mot a son rôle précis lors de sa prononciation, intonation, élision et exécution complète. Seulement, maintenant je me rends compte de l'importance de cette première base et de cette bénédiction que j'ai obtenue tôt et qui m'a tellement aidé dans l'art de composition des poèmes, dans l’art de la récitation poétique, dans l'étude de la langue arabe selon ses règles dans les écoles et par la lecture et l’exploration plus tard.

Le rayonnement des divers textes poétiques m’a poussée a en demande encore plus. Alors je devins passionné de la recherche de ses origines dans les écritures, notamment celles des plus grands romanciers. Ainsi j'ai lu les recueils d'Abdullah Alfarej, Mohamed Laaboon, Mohsen Alhajani, Fahd Boursi et Mohamed Alfijani, en plus des poèmes que j’ai pu recueillir des grands poètes. Ma passion pour la poésie populaire m’a conduit petit a petit a rassembler et noter des textes de littérature populaire dans toute la région. Ceci m’a donc conduit a la poésie ancienne et moderne irakienne. Ainsi, j'ai lu les écritures d'Ibn Alkhalfa, d'Aboud Alkoukhi, d'Abou Dhari, d'Abou Sarhan et de Modhfar Alnouwab, et tous ce qui me passait entre les mains concernant la poésie irakienne moderne vernaculaire. En effet, mon seul souci était de connaître l'école poétique populaire de Najd et de Bassora avec toutes ses caractéristiques.

Beaucoup de gens s’étonnent comment peut-on combiner la poésie écrite en arabe littéraire et vernaculaire? Dans quel état le poète pourrait-il être lorsqu’il choisit la langue de son poème ? Pourquoi un poète qui écrit en arabe littéraire ne pourrait-il pas écrire en vernaculaire et vice-versa ? Pourquoi un poète comme Al-Abnoudi n'écrit pas en l'arabe littéraire ? Pourquoi le poète Modhafar A-Nouab écrit a la fois en arabe littéraire et vernaculaire ? Tant de questions que j’ai pu faire face durant ma carrière poétique.

Après une longue contemplation et expérimentation, j'ai pu constater que la composition de la poésie en arabe littéraire, de même pour la composition de la poésie en vernaculaire. La preuve c’est que certains ont le talent de récitation, portant ne sont pas des poètes, tandis que certains poètes peuvent ne pas réussir en récitant leur poésie. Seul Dieu accorde ses bénédictions aux êtres humains

Sans doute, chaque talent a ses propres caractéristiques et son héritage distinctif communiquant avec l’autre, en plus de diverses techniques et outils nécessaires. A Bahreïn, j'ai fait face aux critiques du milieu littéraire parce que je répondais à ce qui allait à l'intérieur de moi en laissant chaque talent la liberté de s’exprimer par lui-même en arabe littéraire ou vernaculaire et qu’elle épuise son énergie stockée jusqu'à ce qu’elle vit ou meure. Sans aucun doute chaque talent a ses techniques.

Il y a certains de ceux qui n’ont pas compris la nature de mon expérience poétique et qui ignorent la nature de la poésie vernaculaire, ont pensée que ma poésie a été divisée en deux, juste après la publication de mon recueil en vernaculaire. Ils avaient cru que mes poèmes en arabe littéraire m’amèneront à une voie sans issue, considérant mon expérience poétique comme « un morceau de bois sous une scie ». Mais aucun d'entre eux n’a su que j'avais écrit en arabe littéraire et vernaculaire depuis mes débuts, et, grâce a Dieu, je bénéficie des deux talents.

En fait, le poète est le produit de son environnement et des circonstances de son éducation et de sa formation de base. Chaque expérience émotionnelle provient du cœur du poète et choisit sa langue, son sang, sa chair pour prendre sa forme finale entre les mains du poète.

J'étais convaincu que la langue évoluera avec le développement des sociétés, avec l'évolution de l'éducation et la conscience de ses individus. Ce qui veut dire que ce qui est écrit dans un dialecte à un moment donné n est pas nécessairement adaptable à l'avenir. L'écriture poétique en vernaculaire n'a pas le même avenir que celle écrite en arabe littéraire, sauf si elle se développe pour devenir encore plus proches de ce dernier et un jour c’est ce qui arrivera aux langues vernaculaires des pays du golf.

 
 

 
 
 

 

 
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